23/10/2021

Le billard des pauvres tient tête aux jeux vidéo

En Inde, le carrom est une institution. Ce jeu convivial, essentiellement pratiqué par les gens modestes, se déroule dans des clubs qui appartiennent souvent à des partis politiques, explique Tehelka.

Le carrom est censé avoir été inventé en Inde : difficile d’établir ses origines mais une chose est sûre, les Indiens dominent le championnat du monde depuis des années. Pourtant, en Inde, le carrom n’est pas considéré comme un sport mais comme une pratique culturelle. Ce jeu n’a jamais vraiment intéressé les couches supérieures de la population. Les classes moyennes qui jouaient au carrom sont désormais passées à la PlayStation. La culture du carrom a donc dégringolé dans l’échelle sociale pour s’implanter chez les plus pauvres. Jeunes et vieux se précipitent dans les clubs où l’on débourse de 3 à 5 roupies pour une partie, au lieu des 3 000 roupies nécessaires pour acheter un plateau. Comme les tables de carrom ne prennent pas beaucoup de place, ouvrir un club est une activité lucrative, et ceux-ci prolifèrent dans les quartiers pauvres. Peu onéreux et nomade, le carrom doit également sa popularité au fait que la partie dure moins longtemps qu’une partie d’échecs et qu’elle est plus palpitante. Pas question de pousser au hasard les pions blancs et noirs et la reine rouge : chaque mouvement s’intègre dans une stratégie élaborée. C’est donc un jeu intéressant à jouer mais aussi à regarder. On peut y jouer à quatre, voire à six : c’est un jeu convivial.

La suite de l’article de Rishi Majumder sur le site de Courrier international du 07/04/10.

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